La Tour de Lebab

Education à l’altérité :

La Tour de Lebab

Atelier pour les 6 – 11 ans

« Connaissance de soi et de l’autre »

au travers du conte, du théâtre et de la manipulation d’objets .

Novembre 2012 – Février 2013

Conception : Valérie Antonijevich et Dominique Duthuit

Intervenante : Dominique Duthuit

En partenariat avec la Maison de l’Enfance Robespierre à Aubervilliers

Au fil de 9 ateliers de deux heures, les enfants ont appris progressivement à transposer en théâtre d’objets « La Tour de Lebab », récit écrit par Margherita Piantini et inspiré librement de la Tour de Babel. Cette histoire a été le point de départ d’une réflexion sur la relation à l’autre, la solidarité et la mixité culturelle.

Menés en binôme avec Dominique Duthuit, metteur en scène, et Stéphanie, animatrice à la Maison d’Enfance Robespierre, les ateliers ont traversé plusieurs disciplines, du théâtre aux arts plastiques en passant par une sensibilisation au son, à la langue, à la danse ou à l’environnement. Le principe était d’offrir aux enfants une large palette d’expressions sensibles qui soient autant de voies possibles pour apprendre à se découvrir autrement, à lever leurs inhibitions et à mieux s’ouvrir à l’autre. Dans l’expérimentation permanente, et dans un climat de confiance réciproque qui s’est établi progressivement, les ateliers ont permis aux enfants de :

  • S’initier à l’art du théâtre au travers de jeux théâtraux de socialisation, de prise de conscience de l’espace, de leur corps et de l’expression de leurs émotions, d’ouverture à l’imaginaire
  • Se raconter au travers de la manipulation d’objet familier chargé d’une valeur affective (chaque enfant a travaillé avec son « doudou » et a raconté un peu de sa vie « à la maison »)
  • Se sensibiliser aux techniques traditionnelles d’arts plastique (peinture, dessin, collage, …)
  • Découvrir au travers des enregistrements sonores sa voix, la diversité des intonations, la langue de ses parents, le plaisir et le sens des mots… tout en enrichissant son vocabulaire
  • Acquérir une plus grande confiance en eux, notion nécessaire pour oser se dire sans la peur du regard de l’autre

A l’issue de ces ateliers, afin de valoriser ce travail de recherche auprès des autres, deux représentations théâtrales ont été organisées, l’une devant les enfants de la Maison d’Enfance, l’autre devant les parents et les amis.

Ce parcours théâtral s’est passé dans le bonheur de faire, d’apprendre, de se découvrir les uns les autres grâce au terrain favorable créé par la Maison d’Enfance : liens de confiance entretenus entre les familles et les animateurs, bonne organisation matérielle, poursuite des ateliers hors du calendrier fixé, climat de calme et de respect instauré par la directrice du centre.

Nous avons choisi de travailler sur une forme théâtrale à partir de deux éléments : CONTE et MARIONNETTE

Pourquoi le conte ?
Le conte, présent dans toutes les cultures sous forme orale ou écrite, traduit en symboles, en métaphores, en héros, l’histoire, les traditions de chaque peuple, et surtout les valeurs qui lui sont propres.
Nous avons imaginé une petite histoire qui servira de fil conducteur et permettra aux enfants d’inventer leur propre personnage, sa façon de parler (le texte du personnage) et ses actions en réaction à une situation donnée et selon le caractère donné à la marionnette.

Pourquoi la marionnette ?
L’objet-marionnette dans les différentes traditions culturelles est un support artistique qui personnifie des personnages stéréotypés, des héros et des dieux relevant des légendes d’une société.
La marionnette construite devient un objet de transfert, elle est un double, elle est porteuse d’un investissement intime et émotionnel de la part de l’enfant et elle permet de parler indirectement de soi.
Le passage par la marionnette est une manière détournée de se raconter de façon d’ autant plus désinhibé que l’on est protégé, caché par l’objet.

Dans le cadre du « Fil du conte – La TOUR DE L’ELAB », les enfants seront amenés à réfléchir individuellement sur la conception, la construction et la manipulation de leur personnage-marionnette et sur sa façon de jouer dans l’histoire.

Les activités pendant l’atelier seront donc multiples : fabulation,création de personnages, dessin, modelage, assemblage, bricolage, couture, développement d’un récit, écriture, manipulation des marionnettes, jeu, interprétation.

L’accompagnement consistera notamment à leur faire prendre conscience de leur singularité, de leur individualité et de valoriser leurs choix artistiques en rapport avec leurs origines et le pays dans lequel ils vivent actuellement, les deux pôles étant fondamentalement structurants.

La construction
La réalisation de la marionnette permet l’expression créative individuelle en se référant à une esthétique plastique spécifique à chaque culture.
A cette fin, nous mettrons à disposition des matériaux de récupération, mais qui, par leur diversité permettront  liberté et richesse de choix. Afin également de stimuler et enrichir l’imagination, nous proposerons des choix d’images artistiques (reproductions de peintures, miniatures, sculptures, dessins, gravures et photos d’auteur, etc.)
Dans ce cadre, les enfants apprendront à reconnaître les qualités de leurs camarades, à affirmer les leurs et développeront l’échange, la solidarité et l’entraide au profit d’un projet commun.
Pour cela, il sera indispensable de savoir parler de sa marionnette, c’est-à-dire d’utiliser un langage sensible qui donne vie à l’objet et l’humanise ; ce faisant, c’est de parler de soi qu’il s’agit, de ses goûts, de ses joies, de ses peurs, etc…
L’échange verbal sera ici primordial pour faire respecter son point de vue et ses choix tout en étant ouvert aux idées et solutions de constructions des autres.

La manipulation
Puis enfin, l’apprentissage de la manipulation et par là, l’interprétation sera une manière encore différente d’échanger.
En effet, pour découvrir la manipulation des marionnettes, nous ferons jouer les enfants ensemble en improvisation.
La manipulation est l’endroit d’un apprentissage de codes de jeux communs ; le partage d’une langue commune qui répond à des règles comme toute langue.
L’improvisation, elle, implique au plus haut point l’écoute, le respect de l’autre et débouche sur la complicité. Mais l’improvisation c’est aussi et bien sûr le jeu et l’imagination qui procurent un sentiment de liberté, de plaisir ; la marionnette donne la sensation d’être caché, protégé, ainsi le filtre de l’autocensure diminue et alors se révèlent des personnalités, des natures… des êtres.
La comédienne/animatrice veillera particulièrement à l’aspect égalitaire et au respect de chacun dans son intégrité artistique et culturelle.

Les enjeux
De la conception et la construction à la réalisation de l’action théâtrale finale, nous nous attacherons à développer les qualités suivantes :
Qu’est-ce qui, dans l’approche même des matériaux, leurs choix, l’esthétique du dessin, de la construction, m’identifie (individuellement et dans la filiation à la culture de mes parents modifiée par celle du pays dans lequel je vis), me singularise et me distingue ?
Comment l’apport de l’autre, sa façon évidemment différente d’envisager la construction d’un même objet peut m’enrichir, ouvrir des paysages inconnus ?
La création à plusieurs implique tout d’abord l’écoute et le respect des idées de chacun ; cet aspect ouvre au préalable sur la possibilité pour chacun de s’exprimer et de défendre son point de vue.
Par la suite, chaque enfant est amené à faire des compromis, voire des renoncements ; c’est l’apprentissage de règles de vie collective pour que chacun trouve sa place, au meilleur de lui-même, c’est-à-dire là où il se sent gratifié.
L’élaboration d’un spectacle permet d’envisager la coopération dans un but commun, elle développe aussi l’esprit de solidarité, en effet, il peut arriver d’être en retard et/ou difficultés et d’avoir besoin de l’aide d’autrui.